5 Go par mois. Voilà la quantité de données qu’un Français consomme en moyenne sur son smartphone, selon l’Arcep. Ce nombre paraît presque dérisoire à l’heure où les applications dévorent la bande passante à la moindre notification. Pourtant, il grimpe d’année en année, porté par la généralisation de la 4G et une frénésie de cartes SIM qui ne faiblit pas. Le marché bouge, les habitudes aussi. Les abonnements gagnent du terrain, les offres prépayées se font discrètes, et la fidélité à un opérateur devient une notion d’un autre temps. Les consommateurs surfent sur les promotions, zappant sans remords d’un forfait à l’autre.
Arcep : Les Français consomment en moyenne 5 Go de données par mois
Les derniers chiffres publiés par l’Arcep lèvent le voile sur ces changements. Le volume de données moyen par utilisateur s’élève désormais à 5 Go par mois. Cette progression ne doit rien au hasard : elle va de pair avec la montée en puissance de la 4G, dont le nombre d’utilisateurs a bondi de 10 millions en 2017. Désormais, la 4G pèse pour 56 % des 98 millions de cartes SIM actives. Ce basculement technologique s’accompagne d’un véritable raz-de-marée sur les réseaux : en un an, le trafic de données a augmenté de 118,3 %. C’est bien plus qu’un simple effet de mode : c’est un changement de fond dans la façon dont les Français utilisent leur mobile.
Ce bouleversement ne s’arrête pas là. Les abonnements prennent largement le pas sur les cartes prépayées, qui disparaissent peu à peu des usages. Mais l’attachement à un opérateur s’effrite : le marché des numéros temporaires explose, avec 7 millions de numéros en circulation rien qu’en 2017. Un signe que la volatilité des clients atteint un nouveau palier. Les utilisateurs traquent la meilleure offre, sans s’embarrasser de fidélité ou de routines anciennes.
Autre mutation, plus discrète mais tout aussi profonde : le smartphone grignote chaque jour un peu plus le terrain du fixe. Cela se vérifie dans les offres quadruple play, où l’on associe de moins en moins un numéro fixe à son forfait mobile. En 2017, ce sont 210 000 cartes SIM de moins pour les lignes fixes. Le mobile s’impose comme le centre névralgique de la communication individuelle.
La montée en puissance des données a aussi des conséquences inattendues. Les textos, longtemps rois de la communication, perdent du terrain : en un an, leur usage recule de 7,6 %. Les MMS, eux, progressent mais restent marginaux, et l’arrivée progressive des messages RCS sur Android ne semble pas devoir bouleverser la donne pour l’instant. Pendant ce temps, la facture mensuelle moyenne des Français continue de s’alléger. En 2017, elle tombe à 15,9 euros, contre 17,7 euros l’année précédente. Moins de dépenses, plus de gigas : le consommateur ne se contente plus de suivre le mouvement, il le façonne.
5 Go, c’est aujourd’hui la norme. Mais demain ? À cette allure, il ne serait pas surprenant de voir ce chiffre doubler, tandis que le téléphone fixe s’efface doucement, comme un souvenir d’une époque déjà lointaine.

