Labubu est un personnage de fiction créé en 2015 par l’illustrateur hongkongais Kasing Lung, dans un univers appelé The Monsters. Avec ses grandes oreilles, ses dents pointues et son sourire espiègle, cette petite créature intrigue autant qu’elle séduit. Quand un enfant tombe sur des vidéos ou des rumeurs en ligne associant Labubu à un démon, la situation peut vite devenir anxiogène. Expliquer l’origine Labubu de façon factuelle et adaptée à l’âge de l’enfant suffit pourtant à désamorcer la peur.
Kasing Lung et le folklore nordique : la vraie origine Labubu
Avant de rassurer un enfant, il faut maîtriser soi-même l’histoire officielle du personnage. Kasing Lung, auteur et illustrateur basé à Hong Kong, a d’abord imaginé Labubu comme un personnage de livres illustrés pour enfants.
L’univers The Monsters puise dans le folklore nordique et les contes d’enfance, pas dans la démonologie. Labubu est conçu comme une petite créature de forêt, espiègle mais bienveillante, qui vit des aventures dans un monde peuplé d’autres monstres fantaisistes.
La société Pop Mart a ensuite transformé le personnage en figurine de collection, vendue en « blind box » (boîte surprise). Ce format a propulsé Labubu dans la culture pop mondiale, bien au-delà du public enfantin initial.

Rumeur Labubu et Pazuzu : pourquoi elle circule et pourquoi elle est fausse
Depuis quelques mois, des publications sur les réseaux sociaux affirment que Labubu serait inspiré de Pazuzu, un démon de la mythologie mésopotamienne. Cette rumeur a provoqué une vague d’inquiétude chez des parents et des collectionneurs.
Les faits permettent de la réfuter clairement. Pazuzu est représenté avec des ailes, des pattes de rapace et une tête de chimère. L’iconographie de Pazuzu ne ressemble en rien au design de Labubu. Les grandes oreilles, le corps rond et le sourire du personnage de Kasing Lung n’ont aucun lien graphique avec cette figure antique.
Des sites d’analyse culturelle ont confirmé en 2025-2026 que la « théorie du démon » est une construction virale sans fondement dans l’histoire officielle du personnage. L’auteur lui-même et Pop Mart ont réaffirmé à plusieurs reprises l’origine nordique et enfantine de Labubu.
Ce qui alimente la confusion chez les enfants
Les dents pointues du personnage suffisent à nourrir un rapprochement visuel avec quelque chose de « méchant » dans l’esprit d’un enfant. Si l’enfant tombe en plus sur une vidéo TikTok qui superpose l’image de Labubu à celle d’un démon, l’amalgame se fait instantanément.
Un enfant ne distingue pas spontanément une source fiable d’un montage viral. C’est précisément là que l’explication parentale devient utile.
Expliquer l’origine Labubu à un enfant : méthode par tranche d’âge
La façon d’aborder le sujet dépend de la maturité de l’enfant. Adapter le vocabulaire et le niveau de détail évite deux écueils : minimiser la peur ressentie ou, au contraire, introduire des concepts anxiogènes inutiles.
- Avant 6 ans : rester sur le registre du conte. « Labubu est un petit personnage de forêt inventé par un dessinateur. Il a des grandes dents parce que c’est un monstre rigolo, comme dans les histoires. » Ne pas mentionner la rumeur du démon, qui n’existe probablement pas encore dans l’univers de l’enfant.
- Entre 6 et 9 ans : nommer la rumeur si l’enfant en parle. « Certaines personnes sur Internet ont dit que Labubu venait d’un méchant personnage très ancien, mais c’est faux, l’artiste qui l’a créé s’est inspiré de contes du Nord. Parfois, les gens inventent des histoires pour faire peur. »
- À partir de 10 ans : on peut expliquer le mécanisme de la rumeur virale. Montrer que Pazuzu et Labubu ne se ressemblent pas physiquement, et que la confusion vient de vidéos montées pour générer des vues. C’est aussi l’occasion d’aborder l’esprit critique face aux contenus en ligne.

Contrefaçons Labubu : un risque concret à connaître pour les parents
Au-delà de la rumeur démoniaque, un problème bien réel concerne les fausses figurines. Un rappel publié sur RappelConso en juin 2026 a visé une fausse figurine « de type Labubu » vendue notamment sur Temu, en raison d’une concentration excessive de phtalate DEHP, un perturbateur endocrinien.
Ce risque chimique est autrement plus préoccupant qu’une légende urbaine. Quand un enfant demande un Labubu, la priorité parentale devrait porter sur l’authenticité du produit acheté plutôt que sur son supposé lien avec la mythologie mésopotamienne.
Comment vérifier l’authenticité
Pop Mart distribue ses produits via son propre réseau de boutiques et son site officiel. Les figurines vendues sur des plateformes de revente ou de discount présentent un risque de contrefaçon élevé. Des outils en ligne, comme ceux proposés par certains sites spécialisés, permettent de comparer une figurine à la version officielle en analysant les détails de fabrication.
Si l’enfant possède déjà une figurine d’origine douteuse, vérifier la présence du logo Pop Mart et la qualité des finitions reste le premier réflexe.
Transformer la curiosité de l’enfant en apprentissage
Un enfant qui pose des questions sur l’origine de Labubu manifeste de la curiosité, pas un trouble. Plutôt que de balayer le sujet, cette discussion peut devenir un exercice concret d’éducation aux médias.
Montrer les livres illustrés originaux de Kasing Lung permet de replacer le personnage dans son contexte créatif. L’enfant voit alors un auteur, un univers cohérent, des histoires de forêt, pas un produit dérivé flottant dans un océan de rumeurs.
Comparer ensemble l’image de Pazuzu (disponible dans n’importe quelle encyclopédie) avec celle de Labubu produit un effet immédiat chez les plus grands : les deux créatures n’ont rien en commun. L’enfant tire lui-même la conclusion, ce qui ancre la compréhension bien mieux qu’une simple affirmation parentale.
La peur liée à Labubu disparaît presque toujours quand l’enfant accède à l’information vérifiable. Un personnage de conte nordique dessiné par un illustrateur hongkongais pour des livres d’enfants, transformé ensuite en figurine de collection : voilà ce qu’est Labubu, ni plus ni moins. Le vrai sujet de vigilance pour les parents reste la contrefaçon et les substances chimiques qu’elle peut contenir.

