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Fait de société

Un bébé meurt des suites d’une erreur médicale

Par La Rédaction, 9 avril 2018 à 06:46 | 75 lectures
  

Il est 17h ce dimanche 08 Avril quand je rencontre Emmanuel TOMETIN qui avait demandé à me voir. Il avait le visage souriant mais épuisé. Nous avons pris refuge au bord de la mer et les pieds dans le sable, il me parlait regardant dans le vide.

Le Vendredi 30 Mars, ma fille faisait la fièvre la nuit quand nous l’avions emmené à l’hôpital. C’est dans cet hôpital qu’elle vit le jour il y a bientôt deux ans. C’est là-bas qu’elle recevait ses soins quand il y avait un pépin. J’estime que lorsque vous emmenez vos enfants dans un même hôpital, ils y ont déjà un dossier et il est alors plus facile de les soigner. Il lui fut administré des soins après prélèvement de sang pour effectuer les analyses et très tôt, la fièvre baissa. L’on nous demanda de revenir dans la matinée du samedi faire d’autres soins. Sa mère l’emmena donc à l’hôpital comme recommandé et elle revint en meilleure santé et joua même dans la maisonnée. Quelques heures après, mère et fille retournèrent à l’hôpital pour des soins comme il le leur a été demandé et en profitèrent pour revenir avec les résultats des analyses. Allongé dans l’un des fauteuils de salon, je les attendais pour m’assurer que les résultats des analyses étaient rassurants avant d’aller travailler. Mon épouse me rassura : LES RÉSULTATS ÉTAIENT NÉGATIFS POUR UNE INFECTION ET QUANT AU PALU, LE TAUX ÉTAIT D’APRÈS LES RÉSULTATS POUR DÉDUIRE QU’IL Y AVAIT VÉRITABLEMENT PALU. Mon épouse fit coucher notre fille dans le canapé opposé mais quelques minutes plus tard, cette dernière vint s’allonger sur mon torse, le corps quelques secondes plus tard secoué de spasmes. Je ne m’inquiétai pas le moins du monde puisque le brasseur était allumé. Je demandai à son frère aîné, mon fils, de l’éteindre, persuadé que la petite grelotait de froid. Mais plusieurs minutes plus tard, les spasmes ne s’arrêtaient pas et ma fille ne répondait pas à mes appels pressants. Je hélai sa mère pour l’empresser de m’emmener à l’hôpital. Nous avions fait à peine cinq minutes de route quand ma femme remarqua que notre fille claquait des dents et que sa mâchoire se durcissait. Par réflexe, sa mère lui enfonça le doigt entre les deux mâchoires pour les empêcher de se resserrer l’une contre l’autre. Je n’avais plus qu’une seule envie. Me retrouver à l’hôpital au plus tôt.

Une fois sur les lieux, notre état de panique parla pour nous. Un infirmer s’approcha de nous, alerté pour me demander de quoi il s’agissait. Je lui répondis "Ma femme revient d’ici avec ma fille et quelques minutes après, son corps tremblait. Nous avons dû vous la ramener pour des soins.". Qu’a-t-elle reçu comme soins ? demanda l’infirmier. "Une injection D’ARTEGEN (Artésunate pour injection). Un grand cri sortit de la bouche de l’infirmier "OH MON DIEU ! JE LEUR AI TOUJOURS DEMANDÉ DE NE JAMAIS LIBÉRER IMMÉDIATEMENT PERSONNE APRÈS INJECTION DE CE PRODUIT ! ILS AURAIENT DÛ LA GARDER EN OBSERVATION ! ". Pendant qu’il nous conduisait vers une chambre en courant, il nous y laissa dès que nous entrâmes pour se précipiter dehors en revenant avec un produit qu’il injecta à ma fille. Paniqué, je l’empressais de question mais il répondit "Ne vous inquiétez pas, je prends l’achat de ce produit en charge.". Je posai longuement les yeux sur ma fille mais son état ne s’améliorait visiblement pas.

Je me dirigeai vers le bureau réservé au médecin que je priai de venir voir ma fille. Il prit tout son temps puis je dus insister avant qu’il daigne venir jeter un coup d’œil. Il lui palpa le corps puis nous demanda de le nettoyer de temps en temps avec un pagne humide. Nous n’avons cessé de le faire mais son état empirait. Bientôt, des larmes commencèrent à rouler le long des yeux de ma fille mais elle ne répondait ni à l’appel de sa mère ni au mien. Sur demande de ma femme, je retournai voir le médecin pour lui demander que ma fille soit transférée dans un autre hôpital mais il refusa ma requête "La situation est sous contrôle, ce n’est rien de grave. Elle s’en sortira.". Ma femme insista pour qu’au moins, notre fille soit mise sous oxygène mais l’hôpital n’en disposait pas. Très bientôt, un semblant de substance visqueuse commença à sortir du nez et de la bouche de ma fille. Nous avons couru pour en informer le médecin lui demandant encore un transfert. Il s’y opposa, déclarant à nouveau que la situation était sous contrôle. Il voulut user de la sonde au chevet du lit de ma fille pour la soulager mais la sonde ne marchait pas et il en demanda à l’étage supérieur. Même après usage de la sonde, ma fille ne réagissait toujours pas. Je tentai de négocier un transfert qui me fut à nouveau refusé. Vers minuit, alors que j’arpentais nerveusement le couloir qui menait à la chambre de ma fille, impuissant de ne pouvoir rien faire et brisé de voir ses larmes couler sans tarir alors que je ne savais comment faire pour les arrêter, je vis venir le médecin qui me lança "CHOISISSEZ ENTRE CNHU ET HOMEL". J’étais interloqué que le transfert tant supplié me vienne sur un plateau d’or mais en même temps paniqué puisque la situation devait avoir quitté son contrôle pour qu’il se plie à présent au transfert. Je balbutiai "JE PRÉFÈRE L’HOMEL". Je n’avais pas le choix. L’un de mes plus proches amis de quartier avait fait un accident et été transporté aux urgences du CNHU à 16h30. Quand nous avions accouru à 23h, son cas n’était toujours pas encore pris en compte. J’avais donc gardé une mauvaise impression du CNHU. Je courus voir ma fille pendant que le médecin se dirigeait vers son bureau remplir le bon de transfert. À L’HOMEL, nous fûmes vite pris en charge et il nous fut demandé un produit qui après vérification n’était pas dans le stock de la pharmacie de L’HOMEL. Idem pour une autre pharmacie dans les parages. Je dus aller à CAMP GUEZO avant d’en trouver. Quand j’y fus, il y avait une grande foule. Dans mon désespoir, je criais "PARDON, AIDEZ-MOI, C’EST POUR SOIGNER UN BÉBÉ !". Compatissante, la foule me fit passage et je fus servi. Je retournai auprès du médecin et le produit fut administré à ma fille. Les spasmes cessèrent quelques minutes sous les yeux de deux soignants. Puis reprirent avec violence puis le corps de ma fille cessa de bouger. Les soignants essayèrent de la ranimer en vain. Quand ils se tournèrent vers moi et me dirent "Désolés", mon monde s’écroula. Je compris que quand ma fille s’approcha pour s’allonger sur mon torse, c’était sa façon de me dire au revoir.
Il me fallut plusieurs jours pour publier la nouvelle sur Facebook. Parce que je voulais me libérer de la douleur, de la rage, du désespoir et de l’amertume. Et surtout, je ne voulais pas que ma réaction soit à chaud pour qu’on la considère comme le cri de coeur d’un père émotif submergé par la vengeance de nuire au médecin qui avait "tué" sa fille. J’avoue que quand je lui avais demandé après la réaction de l’infirmier "VOUS SAVIEZ QUE CE PRODUIT N’ÉTAIT PAS BON ET VOUS L’AVIEZ ADMINISTRÉ À MA FILLE ? ", il m’avait répondu avec arrogance "C’EST CE QUE NOUS ADMINISTRONS À TOUT LE MONDE.". Je lui répondis "TOUS LES PATIENTS NE SONT PAS LES MÊMES. MOI PAR EXEMPLE, DEUX FOIS ON M’A ADMINISTRÉ LA QUININE DANS MA VIE ET LES DEUX FOIS, J’AI FAILLI PERDRE L’USAGE DE MES PIEDS.". Il avait hoché les épaules sans me répondre. Arielle, je ne recherche pas la vengeance ni dédommagement. Le meilleur dédommagement qu’ils puissent faire est de ramener ma fille à la vie, mais c’est fini, ça fait une semaine qu’elle est déjà enterrée. Tout ce que je demande, c’est que cette histoire serve de leçon et de témoignage pour que plus jamais nos proches ne meurent aussi banalement.".

Source : Arielle Heaven Expériences de Vie



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