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Remaniement ministériel

« Il y a des raisons d’espérer », selon Albin Feliho

(Le Président de la Coneb plaide pour l’accès aux financements aux marchés publics des entreprises locales)

Par Propos recueillis par Anicet TIDJO (News Afrika), 2 novembre 2017 à 04:29 | 95 lectures
  

Le promoteur de l’agence de voyages, “EVENEMENCIEL“, Albin Fèliho est intervenu, mardi en sa qualité de président de la Confédération nationale des Employeurs du Bénin (Coneb), sur la reconstitution de l’équipe gouvernementale au Bénin. Les réformes engagées et le temps imparti pour ; le différend Talon-Ajavon ; la promotion des entreprises locales ; le statut de la Coneb dans l’environnement patronal et les perspectives pour une jeunesse appelée à prendre ses destins en main ont été les sujets qui ont fait l’objet de l’entretien avec “News Afrika“.

Albin Feliho, en votre qualité de président de la Confédération nationale des Employeurs du Bénin (Coneb), pouvez-vous donner votre lecture sur la nouvelle équipe gouvernementale du régime Talon et l’attente des entrepreneurs sans oublier, votre avis sur les 18 mois de gestion du président Talon.

Albin Fèliho : Les 18 mois de gestion sont mitigés. Il faut donc patienter puisqu’on ne saurait indiquer, si c’est une mauvaise vision ou pas ! Pour l’avenir, il serait mieux de rendre plus visuel ce qui se fait de manière à ce que les opérateurs économiques, eux- mêmes voient plus clair, plutôt que de rester dans une espérance. À partir du moment où, ils voient des choses concrètes, ils peuvent s’arrimer à cela et aspirer au développement. Mais, lorsque tout est fait et qu’il n’y a pas une communication ou qu’on ne nous dit pas à quel niveau d’état on se trouve dans les grands projets du Programme d’Action du Gouvernement, ça peut ne pas aller.

Beaucoup de ministres dont on a relevé des contre-performances ont été reconduits par Talon, qu’est-ce que cela vous inspire ?

Ça m’inspire que le chef de l’État qui est le seul maître à choisir ses collaborateurs soit dans une logique qui est la sienne ! Je crois que droit dans ses bottes, il pense qu’il peut avancer avec cette équipe et produire des résultats. Il a pu également imaginer que ses résultats ne viendront pas de suite et qu’il n’est pas bon de changer ses fondamentaux et ses piliers de sorte que les résultats ne parviennent, le plus rapidement possible.
Je fais aussi la lecture de ce qu’il s’est aussi rendu compte que le gouvernement recentré sur une vingtaine de personnes n’est pas suffisant. La preuve, c’est qu’il a doublé ou renforcé les capacités du gouvernement par la création de nouveaux ministères… On sent bien qu’il y a une volonté de faire avancer les choses. Le constat est que les choses n’avancent pas au rythme que l’on souhaiterait et c’est pour cela qu’on a renforcé les capacités du gouvernement.
Je peux regretter que le tourisme et la culture qui sont en fait, les deux groupant du développement harmonieux de la culture économique et sociale de notre pays, soient mis ensemble dans le même département que celui du sport qui est déjà un gros morceau avec les actualités sportives et ses intrigues. J’ai un peu peur que ce choix ne soit pas le plus judicieux ! Ça me parait même aller en contradiction avec la volonté du chef de l’État de valoriser notre culture. Car, quand on n’a pas de pétrole et quand on n’a pas de l’or, on a au moins sa culture ! Cependant, connaissant la dextérité du jeune ministre Homeky, il saurait probablement s’associer à ces collaborateurs percutants pour que ces départements-là ne fondent pas dans le sport.

Est-ce que la Coneb se retrouve dans la mise en œuvre des réformes au profit des entrepreneurs ?
Il y a eu des avancées qui en réalité, sont les conclusions des négociations passées de plusieurs gouvernements ! Sur le Code du travail, il y a eu des avancées indéniables ; sur la question du Partenariat Public-Privé, c’est d’autant plus intéressant qu’on va à l’essentiel, mais je ne suis pas certain que la plupart des entrepreneurs béninois se retrouvent dedans et vont tirer profit de cela ! Peut-être parce qu’ils ne sont pas organisés comme il le faudrait ; car, ça nécessite des co-investissements avec les consortiums.
Il n’est pas aussi inimaginable que les gouvernants puissent accompagner les opérateurs économiques de leurs pays dont la manne essentielle, constitue 70 % des revenus de nos impôts. Ce n’est pas bête pour un gouvernement de dire, on vous organise en coopérative, en consortium pourvu que vous veniez en partenariat stratégique financier et même technique avec les étrangers qui sont forts et qui ont l’expertise. Ce n’est pas un complexe pour nous du fait qu’on dépend des autres, mais c’est drôle qu’on soit obligé de faire appel à une main-d’œuvre étrangère sur un marché public.

N’y a-t-il pas des gens pour assumer ce rôle au pays ?

Observer dans les grands marchés jusqu’aujourd’hui, on se retourne vers l’expertise internationale dont les réputations sont sues et connues. Là-dessus, il n’y a pas de complexe ! Par contre, lorsqu’on fait appel à l’expertise internationale avec l’argent du contribuable béninois, il est important d’associer ce contribuable tant dans la conception, tant dans la mise en œuvre. Le plus important est que la politique du gouvernement amène les autochtones, les locaux d’une manière ou d’une, à se structurer pour rentrer dans ces gros marchés. La difficulté des chefs d’entreprises aujourd’hui, c’est l’accès aux financements et aux marchés publics.

Que diriez-vous si, on vous sollicite à un arbitrage entre Ajavon et Talon qui entretiennent des différends sociopolitiques

Je ne veux pas vous donner ma conviction personnelle, mais nous savions, nous autres qu’un conflit lattant qui gouverne pouvait s’éclater à tout moment ! Rappelez-vous de la naissance de la Coneb. La Coneb est née un mois de décembre 2015 où, la plupart des chefs d’entreprises qui avaient des difficultés réelles et pris en étaux entre la corruption d’un côté, la concussion de l’autre, se sont dit qu’on ne peut pas passer tout son temps à faire une politique néfaste du développement de l’économie. Donc, le leadership de M. Ajavon expirait et il se trouve qu’en face, il y a un autre leadership qui en plus d’avoir le pouvoir économique, a le pouvoir politique. Est-ce que nous opérateurs économiques, on doit s’inscrire dans ça ? Il est bien évident que c’est non ! Ça ne nous intéresse pas de s’ingérer dans cette bagarre qui au demeurant, même, s’il y a des connotations, des relents politico politiciennes, il n’en demeure pas moins que ça reste des affaires de justice. Quelles que soient les affaires, quand on les sort du contexte politique, elles restent des affaires judiciaires.

Que suggérez-vous comme résolution à cette crise ?
Moi, je n’en fais pas une affaire d’État ! Je n’en fais pas non plus, une fin en soi ! Je me dis que les circonstances ont amené l’un et l’autre à se retrouver dans un combat politique qui ne dit pas son nom, mais qui, à y bien regarder, a tous les qualificatifs d’une affaire judiciaire. La justice n’a qu’à faire son travail ! Je ne suis pas naïf au point de penser que ce n’est que judiciaire, mais pour nous aujourd’hui, on s’en tient à ça.

Les conseils de la Coneb pour ce régime et au profit du développement de l’État béninois
Au niveau de la Coneb, on trouve que la volonté de bien faire existe et elle est manifeste. On voyage beaucoup ; je suis fier de ne voir aucun policier à l’aéroport tant à l’aller qu’au retour à cause de ce qui est mis en place. Je suis aussi fier que la perception de notre président soit positive. On le soupçonne même d’être panafricaniste ; ce qui correspond aujourd’hui avec les relents de libéralisation de l’Afrique animée par les jeunes. Il y a un certain nombre de choses qui font qu’on a des raisons d’espérer. Je pense qu’en matière de réformes, on ne fait d’omelettes sans casser des œufs ! Il est clair que les réformes vont couter cher et vont s’inscrire dans la durée. Le simple fait que les rues de Cotonou soient dégagées, vous avez le sentiment de vie nouvelle, de mieux respirer. L’assainissement des berges lagunaires, l’asphaltage des rues, ce sont des choses qui s’inscrivent dans la durée. C’est pourquoi je dis que le pari du président Talon de dire que je ferai ça en cinq ans, est-ce que ce n’est pas un pari fou ? Rien que la recherche de financement, la mise en place des infrastructures, la sélection des partenaires…peuvent prendre plus de sept ans. Il n’a probablement pas su définir le temps qu’il faut. L’avantage pour nous autres est qu’il y a un PAG qui pourrait nous permettre de faire une comparaison in situ et de voir si, le président est dans les normes ou pas.

Quelques défis en perspective pour la Coneb…
La Coneb a d’énormes défis ! La Coneb sait qu’une transformation, une mutation entrepreneurship dans notre pays, passe d’abord pas l’industrialisation, passe par le savoir, la technologie et pour ça, elle a pour vocation affichée au-delà des rôles classiques d’un patronnât à savoir, les discussions entre partis, les gouvernements, les syndicats, employeurs…, la mise en œuvre d’une confédération avec d’autres associations professionnelles et la trame minimum qui existe entre elles, je crois que la Coneb vise essentiellement à mener une gestion humano centrée. C’est-à-dire mettre, l’homme au cœur de l’entreprise. Ça passe par son renforcement, la formation et passe par la labellisation ; nous utilisons ce mot à dessein pour dire que là où, nous sommes, nous devons atteindre un niveau acceptable et requis pour jouer le relais avec les partenaires techniques et financiers ou technologiques et étrangers dont on a besoin du savoir et de la science. C’est un peu ça le travail des membres de la Coneb, d’aller vers cette labellisation.
La seconde chose, au-delà de la labellisation, c’est surtout d’informer, de communiquer avec ces chefs d’entreprises. Parce que même, la plus petite des entreprises jusqu’à une multinationale, elle a un rôle de développement à jouer. L’évidence est là, nous sommes trop en retard, mais en prendre conscience aujourd’hui, c’est déjà le premier pas.

La Coneb s’associe-t-elle à la CCIB pour relever ces défis ?

Absolument ! La Coneb est comme le bras armé de la CCIB ; elle s’associe même avec la CNP, le CIP-Bénin et avec toutes les associations. Ne voyez pas que la Coneb comme une division d’un environnement patronale ! Loin de la ! Au contraire, plus il y a de voix de porter le leadership de l’entrepreneurship, mieux ça existe. Nous sommes dans un État où, la libre association est régie par la loi 1901. Deuxièmement, À six associations patronales, nous n’arrivons pas à gérer ce nombre important d’entreprises au Bénin. Lorsque vous mettez dans votre programme, l’humano centrisme, le vrai débat à susciter entre le partenaire public et le partenaire privé, le service à rendre à l’usager, l’information, cela appelle encore du renfort afin que les choses se développent. La Coneb n’a aucun état d’âme pour son positionnement à ce niveau là.
Un mot à la jeunesse béninoise pour laquelle, vous restez une référence
Nous comptons sur la jeunesse ! D’abord, cette jeunesse-là est sacrifiée ; nous, nous avions été très couverts. Cette jeunesse est en train de prendre conscience, mais n’aura pas le temps d’affirmer cette conscience sur le terrain. Après cette génération, les choses doivent pouvoir véritablement changer. Moi, je suis issu de la Jeune Chambre internationale qui est un mouvement américain dont nous avons su approprier les enseignements pratiques à notre continent, l’Afrique. La fraternité transcende la souveraineté des Nations. Aujourd’hui, grâce à l’intelligence artificielle, les NTIC vous pouvez créer un grand réseau mondial même avec les béninois de la diaspora. Utilisez cette intelligence artificielle dans un mouvement de coordination, des dynamiques de jeunes à travers le monde entier pour dire stop à une logique, stop à des références vieilles, rétrogrades. Je pense que c’est facile de manipuler ces outils au même titre que les occidentaux. Cela permettra à tout le monde de se retrouver au même niveau, au même diapason d’engagement politique et nous pourrons mettre, un terme à la répression que nous subissons de l’esclavage au néocolonialisme.



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