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Alexis Donald ACAKPO, à bâtons rompus

« Il urge de faire des états généraux... »

(« Que tous les fils de la Commune de Houéyogbé se réunissent pour réfléchir sur la situation que traverse leur commune »)

Par Source : Le Régional , 6 octobre 2017 à 04:18 | 168 lectures
  

Alexis Donald ACAKPO est l’actuel Directeur Général de l’Office Béninois des Sports Scolaires et Universitaires (OBSSU). Natif de la Commune de Houéyogbé, mieux de l’arrondissement de Doutou et précisément du village d’Adromé, il a accordé un entretien à la rédaction du journal Le Régional dans lequel il propose des pistes de réflexions pour un réel décollage de la commune de Houéyogbé. Son souhait est que tous les fils de la Commune de Houéyogbé se réunissent pour réfléchir sur la situation que traverse leur commune .

Parlez nous de votre parcours, monsieur le Dg OBSSU
Alexis Donald ACAKPO : Je voudrais, déjà vous avertir toute suite. C’est un parcours jonché d’embuches mais c’est fort dans la tête qu’on arrive à surmonter ces obstacles et à aller de l’avant. Je me suis, pendant longtemps demandé ce qui me guidait. C’est maintenant que je suis entrain de comprendre que c’est Dieu qui guide. A son aide, s’ajoute aussi mon caractère. Je pense que ce sont ces deux éléments mis ensemble qui m’ont porté là où je suis, aujourd’hui. Je n’ai pas connu une enfance, autre que celle que vivent nos frères au village, aujourd’hui.
J’ai commencé l’école après la crise de 1990. J’ai eu mon Certificat d’Etudes Primaires en 1995. J’ai ensuite fait de la 6e en Terminale au Collège d’Enseignement Général de Houéyogbé. Pour précision, nous avons été la toute première promotion à avoir ouvert le second cycle dans ce collège. Quand j’étais au collège, la bourse des parents ne permettait pas que je sois assidu aux cours. Loin d’exagérer mes propos, je ne dis que ce qui était. Mais par la grâce de Dieu, nous sommes entrain de remonter la pente. Je me débrouillais, donc en même temps que j’étais aux cours. Je consacrais mes weekends aux petits travaux pour subvenir à mes besoins. On l’a fait jusqu’en 5e où, je ne l’oublierai jamais, j’ai échoué alors que j’étais 3e de la classe au premier semestre. Et ceci, pour des raisons de contributions scolaires. L’année suivante, j’ai repris tout de même et j’ai, même été élu Délégué d’établissement. A ce titre, je faisais partie du comité qui gérait la bananeraie, la plantation d’orangers, d’ananas et le reste. Les ristournes qui me revenaient participaient largement à la prise en charge de mes besoins. De plus, j’étais exonéré de paiement des contributions scolaires cette année-là. J’ai continué ainsi avec le modeste soutien des oncles jusqu’à l’obtention du baccalauréat.
Je vais donner un petit exemple à nos jeunes frères d’aujourd’hui. Il suffit d’aller à Adromé à mon carrefour. Il y a un lampadaire là. C’est sous ce lampadaire que j’apprenais parce qu’il n’y avait pas d’électricité à la maison. Si aujourd’hui, j’ai les maux d’yeux et que je porte des verres, c’est pour ces raisons. C’est dans ces conditions que j’ai échoué au Bac. Mais je me suis dit que c’est un défi. Je l’ai eu. Arrivé à l’université, commencent les périples.
Je remercie sincèrement ma petite sœur, celle qui vient juste après moi. Bien de parents m’avaient promis leur soutien. Telle personne pour me loger ; telle autre pour d’autres besoins mais je n’ai vu personne quand j’y suis venu. Heureusement que ma petite sœur qui n’avait pas eu la chance d’aller à l’école et qui avait fait la coiffure travaillait déjà. C’est elle, finalement qui a été le père et la mère. Je passais en 2e année quand elle tombait enceinte ; ce qui est tout à fait normal pour une femme. J’ai dû me prendre en charge grâce aux cours de vacance ; ce qui m’obligeait à marcher de Vèdoko à l’Université d’Abomey-Calavi. Même la cabine, il n’y avait personne pour m’aider à la prendre. J’ai alors commencé à chercher d’autres cordes à mon arc. Je m’étais alors glissé dans le circuit des responsables d’amphi. La situation a commencé par changer peu a peu.
Progressivement, j’ai été Trésorier du Bureau d’Union et d’Entité. Les années d’après, j’ai été élu Président de la Fédération nationale des Etudiants du Bénin. C’est dire donc que Dieu aussi sait comment tracer le chemin à chacun de nous. J’ai, ensuite fait une spécialité en Droit maritime et Droit des transports.

Quel poste occupez- vous aujourd’hui ?
Je suis l’actuel Directeur de l’Office Béninois des Sports Solaires et Universitaires (OBSSU). Nous nous occupons de tout ce qui est sport dans nos collèges et lycées, les universités publiques. Nous nous occupons également des sports militaires et paramilitaires. Nous organisons les championnats scolaires et universitaires. Nous représentons le Bénin dans les instances internationales qui s’intéressent au sport militaire et paramilitaire.
Dès cette rentrée, nous avons pour ambition, dans la droite ligne des réformes en cours de mettre en œuvre « les classes sportives », un projet attendu pour révolutionner le sport scolaire. Nous allons regrouper les talents en 80 zones au plan national, les faire suivre par 400 encadreurs dans 5 disciplines : le football, le basket, le handball, les arts martiaux et l’athlétisme.

Peut-on déjà avoir un aperçu de vos réalisations s à la tête de cette direction depuis que vous y êtes nommé ?
Un petit résumé ? Nous avons passé les 12 derniers mois, mon équipe et moi à régulariser la situation du Bénin à travers l’OBSSU au niveau des instances internationales telle que la Fédération internationale des sports universitaires (FISU). Deux de nos athlètes sont revenus récemment de la Taïwan dans le cadre des championnats mondiaux des universitaires. Nous avons aussi réussi l’affiliation du Bénin à l’International School Fédération (ISF). Nous avons, entre autres signé une convention de partenariat avec l’Union scolaire des sports français. Il y a eu également la régularisation de la situation du Bénin avec la Fédération africaine des sports universitaires. Alors, nous avons déjà des débouchés où envoyer les jeunes que nous allons former dès cette rentrée. Nous avons des cercles au sein desquels nos jeunes pourront confronter leurs talents à ceux d’autres. Ce sont des ouvertures qu’on a créées avant d’en arriver aux classes sportives.

Que disent vos parents, aujourd’hui en considération de l’homme que vous êtes devenu ?
Tout parent qui voit son enfant avancer n’aura qu’un sentiment de joie et de fierté. J’avoue que je n’arrive pas encore à leur retourner l’ascenseur comme je le souhaite mais je prie Dieu pour que ça arrive. Ils ont tous souffert pour moi ; ma maman plus encore et je pense qu’ils n’en jouissent pas encore pleinement. Je prie Dieu de leur donner la santé. Le reste va suivre.
Bien de jeunes ayant un parcours similaire n’ont tout de même pas encore réussi à atteindre le même fauteuil que vous…
(Rire) Je conseille à nos jeunes frères de se fixer un objectif dans la vie. Ensuite, ils doivent se dire qu’ils y arriveront quelles que soient les situations. La vie, c’est comme un restaurant. Quand vous vous y rendez et que vous faites votre commande, vous ignorez tout de ce que fait le Cuisinier ; vous n’attendez ici que votre plat vous soit servi. C’est également ainsi que nous devons lancer des messages à la vie, à Dieu. « Je veux devenir, « je veux… », « …je veux », « je suis ». Et quand vous faites cette commande à la vie, mettez-vous dans l’état de l’obtenir déjà. Je me rappelle de toute la pression que me mettaient mes proches à la fin de mes études ; des orientations pressantes vers la vacation parce que certains ont acheté des motos et d’autres ont fait de telles ou telles autres réalisations. Ce sont des situations que je n‘enviais pas parce que je savais ce que je voulais. Je ne suis pas encore où je souhaite être mais nous faisons le pas vers l’avant. J’invite alors les jeunes à, avant tout se fixer un objectif, se mettre dans les conditions et travailler à atteindre cet objectif.

Si vous avez un objectif et que vous fréquentez quelqu’un qui n’a pas la même vision que vous, comment ne l’atteindrez-vous ?
Nos frères doivent être ambitieux. Je n’encourage pas la convoitise ; j’appelle, plutôt à des envies de soulever des montagnes. Si nous pouvons avoir 10 jeunes, 20, 50 ou 100 jeunes ambitieux, nos communes de la 18e circonscription électorale vont décoller. Devant une petite situation, on se décourage. Nos frères et sœurs doivent apprendre à garder la tête froide et avancer. Restons dans cette logique et avançons.
Qu’est ce qui a changé, selon vous, quand vous retournez, aujourd’hui à Adromé, à Doutou ou dans toute la commune de Houéyogbé ?
En 14 ans de décentralisation, je pense que nous avons fait du surplace. Nous avions choisi un maire qui est, totalement sans ambition et qui a fait ce qu’il voulait a la tête de la commune et qui est parti. On a pris un autre, apparemment pire que lui. J’ignore quel bilan ils peuvent faire, aujourd’hui de leur passage à la tête de la commune de Houéyogbé. On a eu 14 ans de fourvoiement où on est allé du cop à l’âne.
La jeunesse de Houéyogbé doit prendre ses responsabilités. Je ne le dis pas parce que je veux être maire ; ça ne me plait, d’ailleurs pas. Il faut y mettre quelqu’un qui a des ambitions et de plus responsable dans la gestion de la commune. On ne peut pas être une commune qui dispose de graviers, de sable de verrerie, d’argile et ne pas avancer. Qu’est-ce que les nôtres en font ? Quel projet avons-nous décroché en 14 ans de décentralisation pour l’un ou l’autre de ces ressources ? Lequel ? Les jeunes doivent prendre leur responsabilité pour avoir la tête haute devant l’histoire.

Qui, selon vous pourrait faire le job ?
Je pense qu’il ne sert à rien de mettre les charrues devant les bœufs. Il urge de faire des états généraux de la Commune de Houéyogbé. Tous les fils et filles de la Commune vont, alors se réunir et réfléchir par rapport à la situation que traverse leur commune. Laisser les querelles inutiles et montrer que nous avons de la potentialité. Dans la Commune de Houéyogbé, tout est politisé. Même des problèmes d’ordre familial prennent l’allure politique. Acheter simplement au bord de la voie laisse libre cours à des interprétations politiques. Nous connaissons des communes dont les politiciens, lors des campagnes se livrent des rivalités mais qui se rassemblent quand il s’agit des questions de développement de la localité. Que faisons-nous à Houéyogbé ? La guéguerre pousse même les gens à vouloir en attenter à la vie de l’autre. Où allons-nous ? La solution à ce désordre passerait par des états généraux où l’on dégagerait des noms.

Votre mot de fin pour conclure cet entretien ?
J’invite nos jeunes à s’armer de courage et les parents à accompagner leurs enfants. La détermination, l’endurance, la persévérance et l’optimisme payent toujours. Nombre de nos jeunes frères se livrent à la facilité. Les jeunes doivent aller à l’école, travailler et avoir de l’expérience. Le meilleur reste à venir.
Par rapport à la gestion de la commune de Houéyogbé, j’invite à des états généraux et cette décision ne peut qu’être prise par les Conseillers dans leur unanimité. Faisons les états généraux et redéfinissons les bases. Ça ira dans l’intérêt de la commune. Nous jouerons notre partition si on nous sollicitait en son temps. J’invite les parents à nous accompagner dans le cadre des réformes que nous avons mis en œuvre et les apprenants à s’appliquer car qui ne réussit pas dans les études peut réussir en sport



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